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Analysis

Zones maritimes des pays et cartes

Découvrez comment le droit international divise les océans en zones maritimes distinctes, des eaux intérieures à la haute mer, et ce que les cartes révèlent sur la souveraineté.

By Admin · 8 MIN READ
Zones maritimes des pays et cartes

Les océans couvrent plus de soixante-dix pour cent de la surface de la Terre, constituant le nerf du commerce mondial, une source essentielle de subsistance et un théâtre de stratégie géopolitique. Pendant des siècles, les puissances maritimes se sont disputé les règles d'engagement en mer. Certaines nations revendiquaient de vastes étendues marines pour projeter leur puissance et monopoliser les pêcheries, tandis que d'autres défendaient le principe du mare liberum, c'est-à-dire la liberté des mers pour toutes les nations. Afin de mettre de l'ordre dans ces intérêts concurrents, la communauté internationale a consacré des décennies à la négociation d'un cadre juridique global. L'aboutissement de ces efforts est la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, communément désignée par le sigle CNUDM. Adoptée en 1982 et entrée en vigueur en 1994, la CNUDM établit une constitution détaillée pour les océans, définissant des zones maritimes précises qui régissent la manière dont les États côtiers et les pays sans littoral interagissent avec les espaces marins.

Comprendre ces zones maritimes exige d'examiner attentivement la façon dont les cartographes et les juristes représentent les océans. Contrairement aux frontières terrestres, matérialisées par des fleuves, des montagnes ou des clôtures, les limites maritimes sont en grande partie des lignes invisibles tracées sur l'eau, calculées au moyen de formules géométriques complexes et de mesures de lignes de base. Ces découpages concilient la souveraineté des États côtiers et les droits collectifs de la communauté internationale. Chaque nation côtière dispose d'un ensemble de zones maritimes qui s'étendent progressivement au large de ses côtes, lui conférant divers degrés d'autorité sur la navigation, l'exploitation des ressources et la protection de l'environnement. Cet article examine le cadre des zones maritimes, la manière dont les cartes représentent ces divisions juridiques et les raisons pour lesquelles elles demeurent au cœur de la géopolitique moderne et du droit international.

Comment les zones maritimes sont-elles mesurées à partir de la ligne de base ?

Le fondement de tout calcul de zone maritime est la ligne de base. En droit international, la ligne de base correspond généralement à la laisse de basse mer le long de la côte, telle qu'elle est indiquée sur les cartes marines à grande échelle officiellement reconnues par l'État côtier. Lorsque le littoral présente des échancrures profondes, comporte des îles à proximité immédiate ou est fortement instable, les États peuvent tracer des lignes de base droites reliant des points appropriés. C'est à partir de cette ligne de base que sont mesurées toutes les zones maritimes situées vers le large. La ligne de base fait office de point zéro pour la juridiction maritime.

En deçà de la ligne de base s'étendent les eaux intérieures. Celles-ci comprennent les fleuves, les lacs, les baies et les eaux situées du côté terre des lignes de base droites, ainsi que les ports et les rades. Dans les eaux intérieures, l'État côtier exerce une souveraineté absolue, identique à celle dont il jouit sur la terre ferme. Les navires étrangers ne disposent généralement pas d'un droit de passage inoffensif dans les eaux intérieures, sauf autorisation spécifique prévue par un traité ou par le droit interne. La cartographie des eaux intérieures est essentielle pour les opérations portuaires, l'application des réglementations douanières et la responsabilité environnementale, car tout incident survenant à l'intérieur de ces limites relève entièrement de la juridiction nationale de l'État côtier.

Quelles sont les différentes zones maritimes définies par la CNUDM ?

En s'éloignant de la ligne de base vers le large, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) établit une série de zones concentriques, chacune dotée d'un régime juridique distinct définissant les droits et les obligations tant de l'État côtier que des États étrangers.

La mer territoriale s'étend jusqu'à 12 milles marins de la ligne de base. Dans cette zone, l'État côtier exerce sa pleine souveraineté sur l'espace aérien, la colonne d'eau, les fonds marins et leur sous-sol. Il existe toutefois une exception fondamentale : les navires étrangers bénéficient du droit de passage inoffensif. Cela signifie que les navires de commerce et les navires de guerre de tout pays peuvent traverser la mer territoriale dans le but d'un transit continu et rapide, à condition que leur passage ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l'État côtier. Les sous-marins, en revanche, doivent naviguer en surface et arborer leur pavillon.

Au-delà de la mer territoriale se trouve la zone contiguë, qui s'étend jusqu'à 24 milles marins de la ligne de base. Cette zone ne confère aucune souveraineté ; il s'agit plutôt d'une zone tampon où l'État côtier peut exercer le contrôle nécessaire pour prévenir ou réprimer les infractions à ses lois et règlements douaniers, fiscaux, sanitaires ou d'immigration commises sur son territoire ou dans sa mer territoriale.

La zone économique exclusive, communément appelée ZEE, s'étend jusqu'à 200 milles marins de la ligne de base. Au sein de la ZEE, l'État côtier dispose de droits souverains aux fins d'exploration, d'exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques, des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol. Cela inclut la pêche, la production d'énergie à partir de l'eau et du vent, ainsi que l'exploitation minière des fonds marins. Malgré ces droits économiques, les autres États conservent les libertés de navigation et de survol, ainsi que le droit de poser des câbles et pipelines sous-marins.

Le plateau continental comprend le lit de la mer et son sous-sol des zones maritimes qui s’étendent au-delà de la mer territoriale, dans tout le prolongement naturel du territoire terrestre de l’État côtier jusqu’au bord externe de la marge continentale, ou jusqu’à une distance de 200 milles marins lorsque ce bord externe n’atteint pas cette distance. Les États côtiers exercent des droits souverains sur le plateau continental aux fins de son exploration et de l’exploitation de ses ressources minérales et non vivantes, indépendamment de toute proclamation. Lorsque le plateau s’étend au-delà de 200 milles marins, un processus complexe de présentation scientifique et juridique devant la Commission des limites du plateau continental est nécessaire pour cartographier et valider ces limites extérieures.

Enfin, les zones situées au-delà des juridictions nationales sont désignées sous les noms de haute mer et de Zone. La haute mer est ouverte à tous les États, qu’ils soient côtiers ou sans littoral, et est réservée à des fins pacifiques. La liberté de la haute mer comprend la liberté de navigation, de survol, de recherche scientifique et de pêche, sous réserve des obligations de conservation. Le lit de la mer et les fonds marins situés au-delà des juridictions nationales, appelés la Zone, sont qualifiés de patrimoine commun de l’humanité, leurs ressources minérales étant gérées par l’Autorité internationale des fonds marins.

Comment les cartes et les levés maritimes représentent-ils les limites qui se chevauchent ?

La cartographie des zones maritimes ne se résume que rarement à tracer de simples lignes parallèles. En raison de l’irrégularité des côtes et de la proximité géographique fréquente des pays, les zones maritimes se chevauchent souvent. Lorsque la distance entre deux États se faisant face ou adjacents est inférieure à 400 milles marins, leurs mers territoriales, leurs ZEE ou leurs plateaux continentaux respectifs s’intersectent.

Pour résoudre ces chevauchements, le droit international et de nombreux traités bilatéraux s’appuient sur le principe de l’équidistance, ou ligne médiane. Cette méthode consiste à tracer une limite dont chaque point est équidistant des points les plus proches des lignes de base des États concernés. Toutefois, les tribunaux judiciaires et arbitraux ajustent fréquemment les lignes médianes selon des principes équitables, en tenant compte de circonstances particulières telles que la disproportion des longueurs de côte, la géomorphologie côtière ou la présence d’îles appartenant à des tiers susceptibles de fausser un résultat équitable.

Les cartographes utilisent des logiciels hydrographiques spécialisés et la technologie des SIG pour projeter ces lignes sur les cartes marines et les cartes numériques. Ces cartes constituent des outils essentiels pour la sécurité maritime, la logistique du transport maritime et la gestion des ressources. Des erreurs dans le tracé des frontières peuvent entraîner des différends internationaux, des mesures de répression contre la pêche illégale ou des conflits entre licences d'exploration énergétique. Les gouvernements investissent massivement dans des levés géodésiques précis afin de garantir que leurs cartes marines soient conformes aux normes internationales établies par des organismes tels que l'Organisation hydrographique internationale.

Conclusion

Le système de zones maritimes établi par le droit international fournit un cadre essentiel pour la gestion des océans du monde. En conciliant les droits souverains des États côtiers et les libertés collectives de la communauté internationale, ces frontières juridiques contribuent à maintenir la stabilité et l'ordre en mer. À mesure que les technologies progressent et que les nations se tournent de plus en plus vers les océans pour l'énergie, l'alimentation et les corridors de communication, une cartographie maritime précise demeure plus importante que jamais. Qu'il s'agisse de guider les navires de fret commerciaux, de protéger la biodiversité marine ou de régler des différends territoriaux, la compréhension des distinctions entre les eaux intérieures, la mer territoriale, les zones économiques exclusives et la haute mer est indispensable pour quiconque intervient dans le domaine maritime.

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